Interview avec le Président de la Délégation Brink’s, Régis SIMONESCHI

Régis SIMONESCHI

Régis SIMONESCHI

NGL-SNEP : Régis, tu nous a contactés parce que tu vois surgir à gauche et à droite des octrois et des demandes de primes pour les salariés qui doivent faire face au risque de contagion sur leur lieu de travail.

Régis SIMONESCHI : Oui, les grandes surfaces comme Cactus et Auchan par exemple offrent aux caissières/iers et réassortisseuses/eurs des primes de 1000 euros pour les remercier d’être là, au sein de la crise et de ne pas choisir la solution de facilité !

NGL-SNEP : En quoi cela t’interpelle-t-il ?

Daniel Frijo

Daniel Frijo

Régis SIMONESCHI : Cela me met en rage ! Je m’explique. Bravo pour ces employeurs d’avoir pensé à leurs salariés sans qu’on le leur demande ! En tant que président de la délégation, ensemble avec le Secrétaire Daniel FRIJO et nos autres délégués, nous nous battons tous les jours auprès de notre direction pour qu’on nous mette à disposition au moins les outils de travail indispensables ! Nous sommes bien loin de la prime de 1000 euros, même si nous sommes tous d’avis, en tant que délégués NGL-SNEP, que les agents de sécurité, et notamment les convoyeurs de fonds, auraient largement mérité cette prime également.

NGL-SNEP : Que veux-tu dire par « mettre à disposition les outils de travail indispensables » ?

Tout d’abord, avant de crier primes, nous nous battons continuellement pour la sécurité et la santé de nos collègues. Cela aussi me met en rage. J’entends les autres syndicats tonner pour réclamer une prime, mais je ne les vois pas sur le terrain se battre pour protéger les agents, ce qui devrait être la priorité, à moins d’être hypocrite et populiste et avoir le mauvais goût de surfer sur la vague de la crise pour vouloir redorer leur blason. C’est insupportable!

Vito LEOCI

Vito LEOCI

Daniel [FRIJO] et moi, ensemble avec Vito [LEOCI] (Vice-Président), très à cheval sur ces points, avons interpellé l’employeur à plusieurs reprises pour mettre en place des désinfectants aux endroits stratégiques. Nous insistons également sur le fait que les convoyeurs soient particulièrement protégés, car eux circulent beaucoup, sont en contact avec plein de gens et n’ont même pas un gel hydroalcoolique dans le fourgon, sans parler des masques ! Nous savons que ce n’est pas la panacée, mais c’est un début et mieux que rien. Et cela montrerait que l’employeur prend la santé de ses salariés au sérieux ! Parce que si les convoyeurs sont malades, plus de cash, le jeu est fini !

NGL-SNEP: Quel message voudrais-tu faire passer à vos collègues ?

Régis SIMONESCHI : Nous sommes là, tous les jours, et nous nous battons pour améliorer vos conditions de travail et, en ce moment, prioritairement, protéger votre santé! Cela est bien moins populaire et visible que de beaux dépliants demandant de belles primes. Mais je ne peux le répéter assez : la santé avant tout ! Lorsque tout cela finira, nous ferons une analyse et nous demanderons des compensations et des récompenses, et je ne pense pas que nous nous contentions de 1000 euros ! Bien sûr, Brink’s qui se vante toujours d’avoir assez de moyens financiers devrait payer cette prime en fin de mois, tout de suite, comme une sorte d’acompte, un encouragement, en signe de reconnaissance surtout, pour services extraordinaires envers l’employeur et le pays! Les agents qui font face à l’adversité pourraient choisir la solution de facilité et se mettre en maladie, mais ils ne le font pas et font preuve de professionnalisme, pour ne pas verser dans les superlatifs.

NGL-SNEP: Espérons ne pas devoir en arriver là ! Des fois, on pourrait croire que les salariés sont plus professionnels que l’employeur !

Régis SIMONESCHI : En effet! Je tiens à remercier mes collègues pour leur dévouement et mes camarades délégués qui sont au premier rang quotidiennement et ne démordent pas pour défendre la santé de leurs collègues.

Un Commentaire

  1. Bonjour, vous n‘auriez plus le même poids lorsque vous demandez la prime APRES la crise 😉

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